Malgré le « risque suicidaire » et les effets sur la croissance, le Prozac peut désormais être prescrit sur les enfants de 8 ans et plus.
L’AFSSAPS, l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé, vient d’autoriser la prescription aux enfants à partir de 8 ans du Prozac et de ses génériques. Cette décision n’est que l’application d’une autorisation similaire donnée par l’Agence européenne du médicament (l’EMEA) en août 2006.
L’AFSSAPS souligne que le Prozac, comme les autres antidépresseurs, peut entraîner « un risque de comportement suicidaire (…), particulièrement en début de traitement », ainsi qu’un effet sur les organes sexuels pouvant aller jusqu’à des atteintes testiculaires irréversibles.
En conséquence, le comité d’experts de l’AFSSAPS, qui est composé de pédiatres, pédopsychiatres, endocrinologues et toxicologues, recommande que ce soit un psychiatre/pédopsychiatre qui prescrive de la fluoxétine (nom de la molécule du Prozac).
Pour la CCDH, cette décision ne va pas dans le bon sens mais ne constitue pas un changement majeur dans la mesure où rien n’interdisait à un médecin de prescrire ce médicament jusqu’à ce jour. La CCDH rappelle que ce sont 120 000 enfants et adolescents qui sont déjà sous psychotropes et que la France petit à petit se retrouve dans une situation similaire à celle des Etats-Unis en matière de prescriptions aux enfants et adolescents.
La CCDH souligne également la grande hypocrisie de beaucoup de psychiatres se voulant rassurants sur le fait que le Prozac sera prescrit « avec le plus grand discernement », tout en vantant les mérites de ce produit. Cette attitude ne peut qu’inciter la prescription de la part des généralistes qui ont le feu vert pour faire aux enfants ce qu’ils font souvent aux parents, à savoir prescrire très vite et dès les premiers signes de mal être des antidépresseurs.
Enfin, la CCDH regrette que les violences induites par des antidépresseurs ne soient pas mentionnées par l’AFSSAPS alors que plusieurs tueries dans des écoles ont été perpétrées par des adolescents sous antidépresseurs.
Publié par CCDH France à 20:42
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