Par Jean-Pierre VERGES, à Solliès-Pont
Source : Le Journal du Dimanche
Michel Previdi n’en démord pas. Ce sont les psychiatres qui ont poussé sa femme et ses deux filles à mettre fin à leurs jours à cinq mois d’intervalle. Virginie, d’abord, son aînée, âgée de 28 ans, qui, fin juillet, s’est abandonnée sous un TGV lancé à pleine vitesse, à 300 mètres du pavillon familial de Solliès-Pont (Var). Mercredi, son épouse Sylvie, 50 ans, et Amélie, leur cadette de 22 ans, ont choisi le même endroit pour mourir.
“Les psychiatres nous ont détruits, accuse aujourd’hui ce patron d’une société d’entretien de piscine. Ma femme et mes filles ont subi des traumatismes dont elles ne se sont pas remises.” Selon lui, l’origine de ce triple suicide remonte à la dépression de son aînée, une commerçante locale. “Elle déprimait comme beaucoup de jeunes, mais elle a malheureusement été prise en main par une psychiatre qui l’a gavée de psychotropes, assure cet homme de 58 ans. Son cerveau a ensuite pété les plombs.” Après son suicide, André Garron, le maire de Solliès-Pont, est alerté sur le profond désarroi de ses parents. “Le vendredi 24 juillet, le père a confié à son entourage que la famille voulait se suicider, certifie l’élu. Nous avons aussi appris que quatre urnes funéraires avaient été commandées.”
“Une opération commando à la sortie du crématorium“
Même la Haute Autorité de santé le reconnaît : le système médical pousse aujourd’hui les personnes âgées à consommer beaucoup trop de médicaments psychotropes.
On sait depuis longtemps qu’en France, nous sommes les rois de la prescription de psychotropes (somnifères, hypnotiques, tranquillisants, anxiolytiques, antidépresseurs et neuroleptiques) : la part de la population ayant pris un psychotrope au cours des douze derniers mois est, chez nous, deux fois supérieure à la moyenne des pays européens limitrophes de la France. Mais on sait moins que ce sont les personnes âgées qui sont les plus exposées à cette drogue légale qu’on leur prescrit apparemment à tour de bras et souvent de manière abusive.
La HAS explique : « Une personne sur deux de plus de 70 ans fait usage de psychotropes en France. Deux millions des dix millions de personnes âgées consomment de façon chronique des hypnotiques ou des anxiolytiques, tandis que la balance bénéfice/risque leur est clairement défavorable, qu’il s’agisse des troubles du sommeil ou des troubles anxieux. » Et ce sont les femmes qui sont les plus exposées à ce phénomène : « Les femmes consomment deux fois plus de psychotropes que les hommes. »
La Haute Autorité pointe du doigt les prescriptions abusives les plus fréquentes : « Il existe une surprescription délétère de neuroleptiques dans les troubles du comportement dits “productifs”, fréquents chez les patients atteints de maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée. »
Une vidéo dans laquelle Thomas Szasz, co-fondateur de la Commission des Citoyens et des Droits de l’Homme, évoque le scandale des diagnostics psychiatriques. Thomas Szasz est professeur émérite de Psychiatrie et considéré comme l’un des pères de l’anti-psychiatrie.
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