Electrochocs, mode d’emploi

14 11 2007

Source :  http://agidd-smq.forumactif.com/electrochocs-f7/dossier-electrochocs-t227.htm

Mode d’action

ect.jpgLe traitement par électrochoc, ou sismothérapie, consiste en des décharges électriques de 100 à 200 volts à travers le cerveau, d’une tempe à l’autre (électrochoc bilatéral), ou du front à l’arrière et sur le côté du crâne (électrochoc unilatéral).

Son mode d’action est inconnu, quoique plusieurs hypothèses soient avancées. Le but est de produire volontairement un état de “grand mal épileptique” (crise d’épilepsie) au moyen d’un courant électrique à administration trans-cranienne.
Le nombre total de séances à visée thérapeutique se situe habituellement entre 4 et 20, deux à trois fois par semaine. Comme le taux de rechute est assez élevé (entre 35 et 80% selon les études) surtout sans antidépresseur en relais, il faut pratiquer un traitement de consolidation. (ANAES, Indications et modalités de l’électroconvulsivothérapie, 1998)

Description des effets de l’électrochoc

1. Lorsque le courant de haut voltage frappe le cerveau, il submerge les mécanismes protecteurs normaux du système nerveux central. Le mécanisme « amortisseur » qui évite que les nerfs ne se stimulent trop l’un l’autre est le premier à disjoncter. Un énorme orage électrique cérébral se déclenche à travers le cerveau et dure plusieurs minutes. Ceci épuise complètement les réserves d’oxygène et d’éléments nutritifs du cerveau et est suivi d’un profond état comateux. Toutes les fonctions normales du cerveau sont détruites.

2. D’importants changements du métabolisme et de l’afflux de sang au cerveau sont nécessaires pour faire face à la crise. Bien que le cerveau ne représente que 2 % du poids du corps, il utilise normalement 20 % de sa provision d’oxygène à cause de son taux élevé de métabolisme. L’attaque provoquée par le choc électrique accroît le métabolisme du cerveau d’environ 400 %, augmentant ainsi ses besoins en oxygène et en substances nutritives dans les mêmes proportions.

3. Afin de répondre à la demande d’oxygène et d’éléments nutritifs nécessaires pour conserver le cerveau en vie durant la convulsion, l’afflux de sang au cerveau doit être augmenté aussi d’au moins 400 % . De ce fait, la pression sanguine s’élève de 200 % dans le cerveau avec des résultats catastrophiques. 4. Cette tension artérielle extrêmement élevée dans le cerveau et la défaillance de la régulation de ce flux pendant l’attaque, provoquent l’éclatement de petits, et parfois même de gros, vaisseaux sanguins. De nombreux décès, pendant ou juste après l’électrochoc, sont dûs à ce facteur d’hémorragies cérébrales.

5. Le choc électrique endommage la protection sanguine du cerveau. Cette protection est en fait un mécanisme défensif qui protège l’intégrité chimique du cerveau des matières et des fluides étrangers qui pourraient s’infiltrer et ainsi modifier ou endommager la structure délicate et la fonction du cerveau. La perte de cette barrière protectrice expose les tissus à des composants du sang desquels ils sont normalement protégés. Ceci inclut des drogues de toutes sortes, des protéines, des toxines et autres petites molécules qui ne traverseraient pas normalement cette protection sanguine du cerveau.

6. La combinaison de l ‘élévation de la tension artérielle dans le cerveau, des hémorragies et de la rupture de la barrière de protection sanguine provoquent un gonflement du cerveau. La haute pression chasse les protéines et autres substances hors des vaisseaux, désormais poreux, vers le cerveau, et les fluides suivent à leur tour. Les tissus commencent à enfler , pressant le cerveau contre la boîte crânienne. Ce processus, une fois amorcé, devient un cercle vicieux. Comme la pression augmente et comprime le cerveau contre le crâne, les capillaires se ferment et leur enveloppe est endommagée par le manque d’oxygène, les rendant ainsi encore plus poreux. Ceci conduit à un gonflement et à des dégâts plus importants.

7. Le gonflement restreint l’apport de sang à certains neurones, le réduisant au-dessous du niveau élémentaire indispensable. Les cellules nerveuses et autres tissus, privés d’oxygène et d’éléments nutritifs, sont détruits et meurent.

8. Quand bien même cet oxygène est fourni, les neurones meurent lorsqu’ils ont épuisé les sources d’énergie dont ils ont besoin pour fonctionner. Comme le cerveau tarit sa source d’éléments nutritifs, il est irréversiblement endommagé. Si bien que, même quand de l’oxygène est fourni, la raréfaction de ces substances nutritives nécessaires endommage le cerveau et provoque l’état comateux qui suit toujours l’attaque.

9. L’électrochoc entraîne donc la modification de la composition chimique du cerveau. La synthèse de l’ ADN et des protéines est inhibée. Un dérèglement des neuro-transmetteurs et d’autres enzymes associées apparaît. La fonction de « centrale de distribution » de la structure chimique du cerveau est ainsi détériorée. Il en résulte une perte de mémoire et de l’orientation spacio-temporeIle.

10. A la suite d’électrochocs, il y a une élévation notable de la quantité d’acide arachidonique dans le cerveau ( acide gras présent dans les cellules vivantes). De grandes quantités de cette substance causent de petites attaques partout dans le cerveau. Comme avec la rupture des gros et petits vaisseaux sanguins, ces dégâts au cerveau surviennent au hasard et ne sont pas limités à la zone assaillie par le choc électrique, et peuvent conduire à la mort.

Ces données médicales ont été tirées des études suivantes : – du Dr Peter Sterling, Professeur de Neurobiologie de la Faculté de médecine de Pensylvanie : “Les dommages causés au cerveau et les pertes de mémoires dues aux électrochocs” – du Dr John Friedberg, neurologue: “Les traitements de choc sont mauvais pour votre cerveau” (Publications Glide, Sa Francisco) – Léonard Roy Franck, auteur: “L ‘histoire du traitement de choc” (Ed. NAPA, San Francisco) – Dr Thomas SZASZ, psychiatre et auteur: “La folie, idées et ses conséquences”

De nos jours, une anesthésie générale et d’autres injections accompagnent l’électrochoc comme il est précisé dans l’Encyclopédie medico-chirurgicale.

- la prise de narcotiques : “a pour but d’alléger l’angoisse mentale”

- la curarisation : a pour but ” de prévenir des accidents traumatiques
secondaires aux convulsions engendrées par l’électrochoc “Une anesthésie générale précède la curarisation afin que le sujet ne soit pas impressionné par la paralysie des muscles respiratoires.” Si ces éléments réduisent les manifestations spectaculaires (angoisses, tétanisations et secousses du corps), les dégâts causés au cerveau – et décrits dans les 10 points précédents – sont eux toujours présents.

 



Témoignages, électrochocs

14 11 2007

Source : http://agidd-smq.forumactif.com/electrochocs-f7/dossier-electrochocs-t227.htm

Ernest Hemingway, écrivain, prix Nobel, se suicida après avoir terminé un traitement aux électrochocs.

Témoignages recueillis lors des manifestations devant les hôpitaux français :

Une dame de 50 ans déclare avoir subi des ECT il y a quelques années. « J’étais jeune, environ 20 ans, j’ai dû faire face à une déception amoureuse. J’étais malheureuse. J’ai attéri chez un psychiatre.

C’était horrible : tous les matins on venait me chercher pour la séance d’électrochocs. Cela a duré des semaines. Inutile de vous dire que quand je suis sortie au bout de plusieurs mois, j’étais vidée. J’ai eu un mal fou à avoir une activité salariée.

Aujourd’hui soit des années après, je souffre de migraines permanentes et violentes sur la moitié droite du crâne. »

Témoignage de Maïté L.

Elle fait une dépression nerveuse suite à une déception sentimentale.Elle entre dans une maison de santé privée pour une cure de sommeil. Cependant, elle a toujours des insomnies. Le docteur affole ses parents qui l’amènent à Sainte-Anne. En deux mois, elle a 14 électrochocs sous anesthésie et contre son gré. Alors qu’elle était professeur de philosophie et parlait trois langues, elle se rend compte qu’elle ne parle plus que le français. Ses pertes de mémoire sont énormes. Elle ne se rappelle plus de grandes périodes de sa vie. De plus, elle a perdu tout sens de l’orientation et se retrouve souvent dans une direction opposée de celle où elle voulait aller. Son élocution est aussi très lente. En revanche, elle a toujours ses insomnies.

Témoignage de Claire M.

Son mari la trompe. Il veut se débarrasser d’elle et la fait passer pour folle. Elle est internée dans un hôpital psychiatrique et tente de s’en échapper. Mais elle est rattrapée et l’électrochoc est utilisé comme punition. Voici le témoignage de ce moment: “… c’est alors que les infirmières en branle bas de combat m’ont attachée au lit et que l’une d’elle a pratiqué une seconde anesthésie. Les jours suivants, je me suis éveillée et je constatais des marques bleues sur tout le côté droit, le bras puis la main complètement paralysés. Je ne pouvais parler, je ne me souvenais plus de rien » .Après sa sortie de l’hôpital psychiatrique, elle dit, en parlant de son mari qui avait obtenu ce qu’il voulait: ” Michel pouvait délibérément conduire sa nouvelle vie sans crainte aucune. J’étais amnésique !”

En guise de conclusion, prenons celle d’un article sur les électrochocs publié en juin 1995 dans “Actualités Médicales Internationales – Psychiatrie” par le Dr. Delbrouck : ” A l’aube du troisième millénaire, le bricolage empirique que constitue l’électrochoc, seul survivant des thérapies de chocs, garde tous ses mystères. Dans une époque marquée par la hantise des bavures médicales, on continue d’électrifier des cerveaux dans la plus pure tradition chamanique en s’émerveillant de résultats que rien ne parvient à expliquer. Tel l’horizon, la compréhension du mode d’action des ECT s’éloigne au fur et à mesure que l’on tente de s’en approcher … A moins que, ce ne soit que le reflet de notre incapacité à appréhender les fondements de pathologies dites mentales.”



Psychiatrie et lavages de cerveaux financés par la CIA

14 11 2007

Source :  http://psychotrope.canalblog.com/archives/manipulations_mentales/index.html

Après trente ans de silence, la CIA, l’agence de renseignements américaine, a été forcée de révéler sa participation à des expériences secrètes de contrôle mental. Ces expériences avaient été conduites à l’insu de certains patients entre 1956 et 1963, sous la direction du docteur Ewen Cameron, psychiatre et directeur de l’Allan Memorial Institute de Montréal. Cameron effectuait des traitements de « déprogrammation » du cerveau sur des patients prétendument atteints de maladies mentales. Le programme était financé par la CIA et soutenu par le gouvernement canadien de l’époque.


En 1951, en pleine guerre froide, des représentants de la CIA et un groupe de psychiatres se seraient retrouvés à Montréal pour préparer le projet « Blue Bird », qui devait servir à l’élaboration de techniques de lavage de cerveau, de conditionnement, de persuasion, de propagande et de contrôle psychologique des masses et de membres d’organisations. Le docteur Cameron, ancien colonel de l’armée américaine, reçut 25 millions de dollars pour procéder à des expériences sous le couvert de traitements thérapeutiques.


Au cours des traitements, les patients étaient soumis à des chocs psychiatriques extrêmes. Sous l’effet de barbituriques et de LSD, les sujets étaient abrutis par des messages enregistrés à répétition. Ils subissaient des doses massives d’électrochocs, étaient plongés dans un sommeil prolongé de plusieurs jours, et recevaient des douches chaudes ou glacées.


Les électrochocs étaient d’une ampleur de 20 à 40 fois plus élevée que la normale. Les séances duraient cinq heures par jour, cinq jours par semaine, et avaient pour but de « déprogrammer » le cerveau du patient pour le reconstruire selon les théories de Cameron.


En 1960, la CIA mit un terme au financement des recherches secrètes de l’institut Allan Memorial. Le docteur Cameron se tourna alors vers le gouvernement canadien, qui le subventionna jusqu’en 1963. En tout, une cinquantaine de patients servirent de cobayes lors de ces expériences. Triés sur le volet, ils pouvaient souffrir de schizophrénie mais aussi de dépression situationnelle, comme Linda Macdonald, déprimée par l’arrivée de son cinquième enfant. Comme la plupart d’entre eux, elle n’a jamais consenti aux traitements. Après son passage à l’institut, Mme Macdonald a dû refaire sa vie et réapprendre à lire, écrire, cuisiner.


En novembre 1992, le gouvernement canadien accepta de dédommager les victimes du docteur Cameron. Même s’ils reçurent 100 000 $ chacun en compensation, plusieurs affirment que l’argent reçu ne compensera jamais les traumatismes subis. L’ancienne victime Linda Macdonald, résidente de Vancouver, avait poursuivi en 1990, le gouvernement fédéral devant les tribunaux. Le gouvernement d’Ottawa a toujours nié être au courant des expériences du docteur Cameron.


L’institut Allan Memorial est le pavillon psychiatrique de l’Hôpital Royal Victoria de Montréal et est rattaché à l’Université McGill. Il a été fondé par le docteur Ewen Cameron en 1944.
Ewen Cameron est mort en 1967.  Dans son livre De l’asile à la santé mentale, Françoise Boudreau révèle que plusieurs de ses pairs doutaient de ses réelles compétences de psychiatre. « Le docteur Cameron était peut-être un génie en administration mais pas en psychiatrie », affirme un collègue de Winnipeg.
En janvier 1998, CBC, le réseau anglais de Radio-Canada,
diffusa la mini-série The Sleep room, inspirée de cette histoire.

© Radio Canada
Source : radio-canada
Émission : Présent édition nationale
Date de diffusion: 5 octobre 1988
Durée : 4 min 55 s
La journaliste Pauline Vanasse s’entretient avec le psychiatre Pierre Lalonde, qui rappelle les expériences réalisées par le docteur Cameron sur ses patients.



Bienvenue à l’hôpital psychiatrique !

14 11 2007

Source :  http://colblog.blog.lemonde.fr/2007/10/05/bienvenue-a-lhopital-psychiatrique/

«Bienvenue à l’hôpital psychiatrique!», par Philippe Clément, Les Empêcheurs de penser en rond, 188 p., 15 euros.

EXTRAITS

«Il faut pourtant bien qu’il arrête de se goinfrer de peinture»

«Dans la cellule d’isolement, l’homme gratte le bas du mur et mange la peinture qui s’écaille… En dépit des apparences, nous sommes bien au début du XXIe siècle dans un établissement psychiatrique de la proche banlieue parisienne. Une fois de plus je me demande ce que je fais là et m’interroge quant à ce que je suis en train d’essayer d’expier ou de réparer. Comment est-il possible que l’on en soit encore à garder les gens dans de telles conditions? Il n’y a pas d’autre endroit, pour notre client, que le taudis dans lequel il croupit depuis deux jours. Je comprends mieux pourquoi, ces dernières années, la France a été montrée du doigt par la Cour européenne des Droits de l’Homme du fait des conditions d’existence des détenus dans les prisons et de celles des malades mentaux dans les hopitaux psychiatriques. La patrie des droits de l’homme, qui aime tant donner des leçons au monde entier, devrait être plus attentive à balayer de temps en temps devant sa porte… Il faut pourtant bien trouver un moyen pour qu’il arrête de se goinfrer de peinture. Il n’y a pas trente-six solutions! Il ne reste plus, faute de mieux, qu’à recourir à la contention physique, c’est-à-dire qu’à attacher le patient sur son lit à l’aide de sangles. C’est évidemment pour réaliser cet acte soignant de haute volée que nous avons été requis. Ô joie de notre beau métier!»

Le corps maltraité

«Depuis les débuts de la psychiatrie, l’imagination n’a jamais fait défaut pour trouver les moyens de maîtriser les corps habités par la folie. Mécaniques ou chimiques, les moyens sont multiples! Et il semble que toujours, irrémédiablement, comme une sorte de fatalité, l’on ne puisse “traiter les esprits” sans maltraiter les corps. Des corps que l’on enferme, que l’on attache, que l’on plonge dans le coma pour mieux les faire revenir à la vie, que l’on choque à l’électricité, que l’on imbibe de molécules psychotropes…»

Familles, si vous saviez…

«Si les familles savaient dans quelles conditions sont hospitalisés leurs proches, sans doute hésiteraient-elles à les expédier en psychiatrie avec autant de facilité.»

Psychiatrie protocolaire

«En psychiatrie, semble-t-il, “un malade est un malade” et doit, à ce titre, être traité comme tel, dans le respect des protocoles en vigueur. Le protocole, c’est la recette de cuisine, la négation des particularités de chaque personne, de chaque situation. Le protocole, c’est la gestion et la mise en œuvre “industrielle” des pratiques. C’est la pensée unique appliquée aux soins.»

De l’administration (des soins?)

«Le bureau infirmier et la salle de soins qui lui est attenante sont, en principe, interdits d’accès aux malades. Ce ne sont plus des endroits où le patient peut venir se confier, où l’on discute en grillant une cigarette. On a éradiqué cette vieille pratique asilaire! C’est devenu un lieu où, au calme, on écrit dans les dossiers, on coche les cases des imprimés pour bien montrer que l’on respecte scrupuleusement les protocoles; bref, un endroit où l’on travaille! Parce qu’il importe davantage, désormais, de tenir à jour les dossiers des malades que d’être présent auprès d’eux… Les contrôles permanents, par le biais des statistiques et des programmes informatiques, ont mis sur pied une version soft du totalitarisme institutionnel.»

Le cauchemar de la prison

«Aujourd’hui, de plus en plus de grands malades mentaux se retrouvent en prison, où ils doivent pour la plupart vivre un véritable cauchemar. Lorsqu’on est délirant et à la rue, arrive toujours le moment où l’on fait une connerie. Puisque, en une dizaine d’années, 40% des lits de psychiatrie ont été supprimés, un nombre toujours grandissant de malades mentaux sont rejetés du système de soins et sont à la dérive dans un milieu où ils n’ont pas leur place. Le ciel des psychotiques, qui n’a jamais été très serein, s’assombrit un peu plus chaque jour.»

Le métro parisien, premier HP de France

«On s’abreuve de propos idéalistes, on rêve de grands projets novateurs, mais on ne nous donne rien de plus à voir que de la gestion à la petite semaine. Sous couvert de désaliénation, de “désenfermement”, on expédie les plus fragiles à la rue ou en prison. Le métro parisien est, dit-on, le plus grand HP de France. C’est tout de même fâcheux! En dix ans, 40% des lits d’hospitalisation psychiatrique ont été supprimés, sans que soient donnés des moyens supplémentaires aux équipes extrahospitalières. Conséquence diecte, l’attente est de quatre, voire six mois pour un rendez-vous dans un CMP d’Ile-de-France. Les autres régions ne sont guère mieux loties.»

Le retour des électrochocs

«Le champ de la psychiatrie est dévasté, sinistré, matériellement bien sûr, mais aussi, et c’est encore plus grave à mon sens, intellectuellement. On assiste au retour triomphant des électrochocs de grand-papa, rebaptisés du nom plus “savant” et “sérieux” d’“électroconvulsivothérapie” et pratiqués avec renfort d’anesthésistes et de réanimateurs. Les fabricants de molécules psychotropes nagent en pleine béatitude. C’est aussi, en parallèle, le retour de l’enfermement en série, systématique, à l’intérieur même des lieux d’enfermement. Les nouveaux services ne sont pas dotés, comme c’était le cas à l’HP, d’une chambre d’isolement, mais d’au moins deux, voire trois. La coercition, les privations de liberté vont bon train. Les sangles de contention physique ont retrouvé leurs lettres de noblesse. On isole, on pique à tire-larigot, on attache, on sanctionne, avant de jeter à la rue. Le nombre d’hospitalisations sous contrainte a augmenté de façon vertigineuse ces dernières années. Depuis 1990, date d’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les modalités d’hospitalisations psychiatriques, le nombre de placements sous la contrainte a connu une poussée de 80%, tandis que l’on nous sert des laïus sur l’importance d’une recherche du consentement des personnes.»
©Les Empêcheurs de penser en rond.



La tromperie du « déséquilibre chimique »

14 11 2007

Source : http://www.droitshumains.ca/

Du berceau au tombeau, on est bombardé d’informations nous poussant vers la prise d’une “dose” chimique. Mais regardons de plus près certains aspects très importants de cette nouvelle philosophie psychoactive, centrée sur les drogues.

Les psychiatres affirment qu’une personne a « besoin » d’un médicament-drogue pour combattre son « déséquilibre chimique » dans le cerveau qui cause son trouble mental. Cepandant le concept qu’un déséquilibre chimique dans le cerveau serait la cause de maladie mentale est faux. Bien que popularisé par du marketing public à grande échelle, ce n’est qu’un simple souhait psychiatrique. Comme pour tous les autres modèles psychiatriques de la maladie, cela a été totallement discrédité par des chercheurs.

Le diabète est un déséquilibre biochimique. Cependant, comme le déclare le psychiatre Joseph Glenmullen de Harvard, « le test définitif et le déséquilibre biochimique est un haut niveau d’équilibre de sucre dans le sang. Le traitement dans des cas graves consiste en injections d’insuline, ce qui redonne l’équilibre en sucre. Les symptômes disparaissent et un autre test montre que le niveau de sucre dans le sang est normal. Rien de semblable à un déséquilibre en sel ou à un débalancment en sucre dans le sang n’existe pour la dépression ou n’importe quel autre syndrome psychiatrique. »

En 1996, le psychiatre David Kaiser disait, « …la psychiatrie moderne n’est pas parvenue à prouver de manière convaincante la cause génétique/biologique d’aucune maladie mentale, …Des patients [ont] été diagnostiqués comme ayant des “déséquilibres chimiques” en dépit du fait qu’il n’existe aucun test pour supporter une telle affirmation, et…il n’existe aucun concept de ce à quoi un équilibre chimique correct ressemblerait.

Les photos d’imagerie cérébrale actuelles, supposées prouver que les maladies mentales sont des maladies physiques, sont profondément défectueuses. En fait, les médicaments psychiatriques prescrits sont plus que probablement la cause des changements observés dans le cerveau. Steven Hyman, le directeur de l’Institut national de la santé mentale aux États-Unis, admet que l’utilisation sans discernement de tels scans du cerveau produisent de « belles images du cerveau mais qui sont sans conséquence. »

Elliot Valenstein, Ph.D., auteur de Blâmer le cerveau, est sans équivoque: « Il n’y a aucun test disponible pour évaluer la situation chimique du cerveau d’une personne vivante….Aucun signe biochimique, anatomique ou fonctionnel n’a été trouvé permettant de distinguer de manière fiable les cerveaux des patients mentaux. »

Selon Valenstein, « On s’accroche aux théories pas seulement parce qu’il n’y a rien d’autre pour prendre leur place, mais mais aussi parce qu’elles sont utiles pour promouvoir les traitements au moyen de médicaments. »